Soeurs Ursulines de Tildonk

Volontariat en Afrique – Un projet personnel


De jeunes Sœurs apprennent l’anglais:

Cet été j’ai passé 6 semaines à Likasi, Province du Katanga, dans la République Démocratique du Congo; je voulais enseigner l’anglais à 5 novices africaines, vers la fin de leur année canonique.  Les leçons d’anglais eurent lieu tous les jours; elles étaient vivantes et faites de conversations pratiques en vue d’un usage quotidien.  Les langues de base au Katanga sont le français et le swahili, mais l’anglais devient de plus en plus important.  Sans aucun doute les jeunes sœurs auront besoin d’anglais pour les réunions de la Congrégation, les voyages et les études. 

Le temps que j’ai passé au Congo comme volontaire à temps partiel m’a fait apprécier davantage le dévouement et le grand travail de nos Sœurs dans les provinces du Katanga et du Nord Kivu.  Elles ont construit des écoles qui assurent l’éducation de centaines d’enfants et établi de centres d’alphabétisation pour les adultes.  Les sœurs sont enseignantes, infirmières, administratrices, pharmaciennes et assistants sociales.  Chaque apostolat met en valeur l’amour des Sœurs pour leur peuple et leur esprit de service.  Des jeunes demandent d’entrer dans la communauté tous les ans.


Alors que j’écoutais les récits des Sœurs et leurs projets d’avenir et que j’observais leurs offerts pour répondre aux besoins énormes qui les entourent, j’ai ressenti une profonde admiration pour leur style de vie performant et enraciné dans la prière.  J’ai maintenant un sens plus profond de l’internationalité des Ursulines et je continuerai à encourager et à soutenir leurs efforts.


Conditions sociales et culturelles

Lorsqu’on fait mention de la RD du Congo, on pourrait évoquer beaucoup de scènes de chaleur opprimante, de désastres naturels, de malnutrition et d’enfants qui errent dans les rues.  Ce que j’ai vu pendant cette courte période était exactement le contraire: des températures fraîches - le climat habituel durant les six mois de saison sèche - des marchés florissants et des enfants heureux de leurs vacances scolaires.  La pauvreté existe-t-elle?  Assurément.  Beaucoup de familles se trouvent dans d’énormes difficultés, mais lors de mes visites et de mes conversations avec le gens, j’ai ressenti leur résistance étonnante et leur capacité d’endurance face à leurs épreuves.   

En me promenant dans la ville, j’ai pris conscience des liens particuliers que j’avais avec ceux qui m’entouraient.  Sur les sentiers et les chemins de Likasi, les conversations s’engageaient facilement.  J’ai eu de nombreux échanges avec les gens sur le temps, sur le prix des marchandises, sur les nouvelles du jour et sur leurs soucis par rapport au chômage et au prix de la scolarité.  Beaucoup de gens ne font que survivre.  Les personnes âgées semblent particulièrement sensibles à un accueil amical.  Il y avait chez eux un sens de la communauté qu’il m’est difficile d’exprimer en paroles.  Cela me donnait des forces nouvelles et était revigorant.

Lorsque j’ai visité l’hôpital en face du couvent, j’ai rencontré de jeunes mamans avec leurs nouveau-nés. Je suis passée par la salle des accidents où la plupart des patients étaient victimes d’accidents de la route.  Des explosions, des collisions et des pannes sont toute habituelles autour de Likasi, une région fortement infestée de mines.  J’étais émue et je ressentais une compassion profonde pour ces patients.

Dans les églises, la musique, les chants et les applaudissements spontanés animent la liturgie.  La collecte de l’Offertoire est destinée à l’alimentation et aux provisions pour les pauvres.  L’esprit communautaire et la liturgie eucharistique font partie intégrante et non externe à la vie du peuple.  Au début, je pensais qu’une Messe qui durait deux heures et demie était longue, et cela jusqu’à ce que j’aie participé à une Messe qui a duré sept heures, pour célébrer le centenaire de l’Archidiocèse de Lubumbashi (1910-2010).  La célébration comportait aussi des discours sur l’histoire de l’Archidiocèse et une large gamme de chants en latin, français et swahili.  Beaucoup d’évêques, de prêtres et de religieux, ainsi qu’une foule nombreuse remplissaient l’emplacement extérieur.

Plusieurs églises indépendantes organisent régulièrement des rassemblements qui semblent se concurrencer pour recruter de nouveaux membres.  Leurs services sont souvent assurés par des prédicateurs zélés dont les longs sermons se font entendre dans tout le voisinage. On ne peut que les écouter.  La voix des prédicateurs s’ajoute au bruit de la rue, aux taxis minibus, aux fans sportifs et aux vendeurs de rue.  Le bruit remplit l’atmosphère pendant toute la journée, mais diminue lentement à la nuit tombante, vers 18h.30.


Les mines dans la région du Katanga

Tous les jours je voyais une file régulière de camions bien chargés, transportant ce qui semblait être des sacs de sable et de terre.  Ils se dirigeaient vers la fonderie pour l’extraction de minerais importants, qui disparaîtraient ensuite sur le marché mondial.  Ces minerais de cassitérite (d’étain) et de coltan sont utilisés dans la fabrication de téléphones portables, d’ordinateurs et d’autres instruments électriques.  La RDC en est la source principale.  Le cuivre, l’or, le fer, le zinc, le manganèse, le plomb, l’uranium et le cobalt sont les principaux minéraux qui y sont extraits.  L’exploitation voit souvent surgir dans le pays des mines illégales responsables d’abus effrayants contre les droits humains et de pratiques qui endommagent la santé des ouvriers, enfants et adultes.  Les compagnies qui exportent les minéraux sont obligées de signer un contrat promettant d’observer certaines pratiques.    Ils promettent de promouvoir un développement possible et durable.  Plus de 60 des 75 usines de fonderie au Katanga sont entre les mains de compagnies chinoises.  Plus de 90% des minerais de la région partent en Chine.

Aux Etats-Unis, des représentants de Congrégations Religieuses, parmi lesquels notre province de Religieuses Ursulines de Tildonk, l’Institut des Sœurs de la Merci dans les deux Amériques et les provinces des Jésuites attirent l’attention sur les problèmes de droits humains, de sécurité et d’’embauche, soulevés par les compagnies industrielles d’extraction de minerais dans la RD du Congo.


Satisfaire les besoins quotidiens

Lorsque je me trouvais dans la grande ville de Lubumbashi, j’ai accompagné un jour une Sœur afin d’acheter une nouvelle batterie pour le générateur électrique du couvent.  Après avoir visité trois magasins et tenu des conversations interminables, elle en est sortie avec une toute nouvelle batterie qui n’a coûté que 115 dollars.  Elle a expliqué que ceci leur donnerait de l’électricité pour un an, à condition que le moteur de ce générateur ancien continue à fonctionner encore un an.   Au moins les panneaux solaires assuraient un peu de lumière lorsque tombait la nuit.  

Après avoir observé la vie autour de moi, j’ai conclu que ce qui est ordinaire dans la plus grande partie du monde, ne l’est pas nécessairement au Congo.  Le sachant, je n’aurais pas dû être étonnée de voir un ouvrir porter un masque à gaz remontant à la Deuxième Guerre Mondiale, dans ses efforts pour se protéger de la poussière qui tourbillonnait autour de lui, alors qu’il travaillait à creuser un fossé d’écoulement.  Je ne m’attendais jamais à voir à la TV le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, distribuer des poulets vivants à une partie pauvre de la population, à l’occasion des 50 années d’indépendance!  On peut acheter tout ce que l’on veut aux marchés de rue: souliers, meubles, vêtements, fruits, légumes,  balais faits main et poulets vivants ou fraîchement abattus.

L’espoir est vivant au Congo.  Un grand panneau d’affichage annonce les priorités du pays de la part du Président, Joseph Kabila: électricité, eau potable, éducation pour tous, amélioration des voies de communication.  

Etre conscients du Congo

Aux Etats-Unis, il est prévu au mois d’octobre un effort pour attirer l’attention sur la situation du Congo: Semaine pour briser le silence au Congo.

Cette semaine vise à mobiliser le public en vue de soutenir le peuple congolais. Cette 3e semaine du mois d’octobre aura lieu du dimanche 17 au samedi 23 octobre 2010.  Les enseignants pourraient profiter de cette semaine pour prévoir un cours spécial sur le Congo, allant des cours de mathématiques à ceux d’ingénieurs, de la littérature aux mathématiques.  Dans chaque discipline on peut trouver une matière à enseigner sur le Congo.  Pour de plus amples informations sur le Congo, vous pouvez me contacter sur : quinlanosu@aol.com et sur le site: www.congoweek.org

Soeur Jane Quinlan, osu